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Céréales-La médiation turque se heurte aux objections de Kyiv et Moscou
information fournie par Reuters 08/06/2022 à 18:31

(Actualisation du contexte et des détails)

par Tuvan Gumrukcu

ANKARA, 8 juin (Reuters) - Les efforts déployés par la Turquie pour garantir le passage en toute sécurité des céréales bloquées dans les ports de la mer Noire par la guerre en Ukraine se sont heurtés mercredi à des objections tant de la part de Kyiv que de Moscou. nL6N2XV06T

Le gouvernement ukrainien a dénoncé des exigences déraisonnables de la Russie, comme le contrôle des navires par les forces de Moscou, pendant que le Kremlin conditionnait la liberté de transport à la levée des sanctions occidentales.

La guerre entre la Russie et l'Ukraine, respectivement troisième et quatrième exportateurs mondiaux de céréales, a aggravé la hausse des prix des denrées alimentaires et met en péril les approvisionnements alimentaires mondiaux.

La Russie s'est emparée d'une grande partie de la côte ukrainienne en près de 15 semaines de guerre et ses navires contrôlent la mer Noire et la mer d'Azov, bloquant les exportations agricoles de l'Ukraine et faisant grimper le coût des céréales.

Les Nations unies cherchent à mettre au point un mécanisme associant Kyiv, Moscou et la Turquie pour relancer les exportations de céréales depuis les ports ukrainiens de la mer Noire via des couloirs maritimes sécurisés.

A l'issue d'un entretien mercredi à Ankara avec son homologue russe Sergueï Lavrov, le ministre turc des Affaires étrangères a jugé le plan de l'Onu "raisonnable", ajoutant qu'il nécessiterait de nouvelles discussions avec la Russie et l'Ukraine.

Sergueï Lavrov a pour sa part souligné qu'il incombait à l'Ukraine de déminer ses ports, condition préalable à la sécurité des expéditions.

A Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes que les céréales russes ne pourraient être livrées sur les marchés internationaux que si les sanctions contre la Russie étaient levées, mais constaté qu'il n'y avait encore eu aucune "discussion substantielle à ce sujet".

Côté ukrainien, un responsable du secteur céréalier a émis des doutes sur le pouvoir de la Turquie de servir de médiateur pour le libre passage des produits bloqués.

"La Turquie, en tant que garant, est une force insuffisante en mer Noire pour garantir la sécurité des cargaisons", a estimé Serhi Ivachtchenko, directeur du syndicat ukrainien des négociants en grains UGA, lors d'une visioconférence.

Il a déclaré que le déminage des ports ukrainiens pourrait prendre au moins deux à trois mois et devrait impliquer les marines turque et roumaine.

(Reportage Pavel Polityuk à Kyiv et Tuvan Gumrukcu à Ankara; avec la contribution du bureau de ; rédigé par Barbara Lewis ; version française Alizée Degorce, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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